Ernest Ouandié (1914 -1971)
Ernest Ouandié est né en 1914 à Ndumla, arrondissement de Bana de région de l'Ouest du Cameroun et est Ahmadou Ahidjo était alors président de la République du Cameroun. Ouandié – nom qui signifie « qui est dans la maison ? Le 15 janvier 1971, Ernest Ouandié est assassiné à Bafoussam en application d’une décision cynique, froidement préméditée d’Ahmadou Ahidjo, président choisi puis imposé aux Kamerunais par la France. 15 janvier 2009, trente-huit anniversaire, tous les upécistes, ainsi que les patriotes véritables commémoreront cet événement. Commémorer c’est avant tout se référer à une mémoire commune. C’est-à-dire, non seulement partager le récit authentique d’un événement, mais également l’intelligence de son contexte, sa signification historique. Pour les militants, les démocrates, c’est aussi puiser dans l’exemple pédagogique du résistant vertical, la force intime de continuer le combat pour la liberté et le développement. Si le lieu parait ici étriqué d’une chronologie d’événements (liés au procès d’Ernest Ouandié) en partie méconnus, face au foisonnement de mémoires antidatées où fermentent le doute et l’intention malveillante, il est utile de revenir sur trois questions essentielles :
1° Qui était Ernest Ouandié ?
2° Pourquoi Ahmadou Ahidjo, ses complices et ses maitres ont-ils assassiné Ernest Ouandié?
3° Quel intérêt revêt l’évocation de sa mémoire dans le Kamerun d’aujourd’hui ?
1° Qui était Ernest Ouandié ? Le site « upc-kamerun.com », rubrique « Nos héros » répond en partie à cette interrogation. Nous invitons d’emblée le lecteur à s’y reporter.
Trois caractéristiques émergent de tout portrait d’Ernest Ouandié : l’universalité de ses convictions ; la fidélité à ses engagements, un exceptionnel courage politique et physique. Il a été peu dit qu’Ernest Ouandié parcourt le monde et est reçu par de très importants dirigeants de la planète dès que la répression l’éloigne momentanément du Kamerun. Inlassablement il plaide le dossier kamerunais, affirme le sens de son combat contre le néocolonialisme et l’impérialisme. Moins d’un an après l’assassinat du président Moumié à Genève (3 novembre 1960) il rejoint clandestinement le Kamerun en 1961 pour relancer la lutte d’une UPC à la recherche d’un second souffle, jusqu’en 1970, année de son arrestation. Ahmadou Ahidjo, pour mieux truquer l’injuste procès qu’il intente à Ouandié, refuse à ses avocats le visa d’entrée au Kamerun, en infraction des accords bilatéraux entre la France et le Kamerun.
A l’ouverture de son procès, le 26 décembre 1970, Ernest Ouandié déclare : « Je me suis présenté ici ce matin pour dire aux juges qu’en l’absence des avocats que j’ai légalement constitués, il n’est pas possible que je sois jugé. Un de mes avocats se trouve à Londres, l’autre à Paris. J’ai essayé de les contacter par l’intermédiaire du gouvernement depuis le 12 novembre. Un avocat que j’ai choisi sur place s’est récusé. Vu les intentions du gouvernement dans cette affaire, vous comprenez aisément que je ne puisse accepter les servitudes d’un avocat commis par lui. » Plus loin il ajoute : « Etant donné l’hostilité du gouvernement à mon égard, il n’y a pas d’autre alternative. Je dois choisir mon avocat et non en accepter un sur mesure. Si vous ne me permettez pas de le faire, alors vous aurez à répondre un jour de cette forfaiture de condamnation devant l’Histoire.
En ce qui me concerne, je suis prêt, dans ces conditions, à aller au poteau d’exécution. Autant ne pas faire un procès de pure forme. » Pendant son procès, Ernest Ouandié est enchaîné, pieds et poings. Il aura été sauvagement torturé plus de six mois durant par Jean Fochivé 1. Son dos est « balafré de blessures ». Il ne se défendra plus. Contrairement aux mensonges du régime, il n’introduira pas de recours en grâce après sa condamnation à mort. Le 15 janvier 1971, jour de son exécution, il refuse de se faire bander les yeux. « Man pass man ».
2° Les raisons d’un assassinat
2.1 Les pressions françaises :
2.1.1 L’une des questions en débat en cette année 1971 est l’élargissement de la CEE à la Grande Bretagne. Elle suscite des inquiétudes parmi les dirigeants africains soumis à la France qui craignent déjà que les avantages souvent personnels qu’ils tirent de la coopération ne s’estompent. De son côté, la France se préoccupe du maintien sinon du renforcement des liens avec ses vassaux africains dès lors qu’interviendra cet élargissement.
2.1.2 1971 encore, cela fait quarante ans que le dossier du transcamerounais, ce chemin de fer qui doit relier la capitale Yaoundé au Nord du Kamerun, dort dans les tiroirs. Ahmadou Ahidjo ne l’en sort pas, hostile à toute synergie entre le Sud et un Nord qu’il considère comme son monopole. L’intérêt renouvelé de capitalistes Français et Américains pour la réserve de bauxite (un milliard de tonnes) du massif de l’Adamaoua, réputée contenir 44% d’alumine relance le dossier du transcamerounais. Son aboutissement pourrait corrélativement affaiblir le pouvoir de Sékou Touré, le président guinéen dont l’économie fournit la matière première transformée en aluminium par la société Pechiney à Edéa.
2.1.3 Dans les milieux informés, l’on sait que le pays possède des réserves de pétrole, au moins dans sa partie occidentale dite « anglophone ». Le Kamerun est alors une république fédérale. L’exploitation de l’or noir par la seule France pourrait susciter des velléités de séparatisme, dans un contexte de tensions croissantes. En effet, malgré certaines prescriptions rassurantes de la Constitution fédérale de 1961, on s’est aperçu côté « anglophone » qu’un simple inspecteur fédéral, nommé par Ahidjo, disposait de plus de pouvoirs que les élus. Prévoyants, les Français vont donc suggérer à Ahmadou Ahidjo une réforme constitutionnelle. Après un referendum douteux, l’Etat unitaire est proclamé le 20 mai 1972.
L’adversaire acharné de l’Indépendance et de l’unité du pays savourera désormais en solo sa double trahison. Progressivement, les commémorations du 1er janvier 1960, date de l’Indépendance du pays, seront négligées au profit de celles du 20 mai 1972 dans une subversion historique qui modifiera les traditionnelles données de la corruption (naissance de la nouvelle corruption ou la proli-corruption 2). Les trois motifs précédents, ajoutés à une forte tentation d’exotisme, convainquent le Président Français d’alors, Georges Pompidou, de passer par le Kamerun lors de sa tournée africaine. Le pays est alors le troisième potentiel industriel économique en Afrique Noire francophone, derrière le Sénégal et la Côte d’Ivoire, avec des perspectives de développement qu’on considère prometteuses à Paris. Ernest Ouandié et l’UPC gênent les projets franco-camerounais.
Il est arrêté le 19 août 1970. Son dossier d’instruction dont on dit qu’il comporte plus de huit cents pages fait l’objet d’un traitement d’une inhabituelle rapidité. Ahidjo, sous le conseil de ses maîtres, cherche à transformer le procès politique du dirigeant révolutionnaire en procès criminel de droit commun. Une partie de l’opinion internationale s’émouvant des mauvais traitements infligés au célèbre prisonnier, des pressions sont exercées sur Georges Pompidou pour qu’il annule son voyage au Kamerun. Elles émanent entre autres du Comité International Ernest Ouandié et d’un certain nombre de gens de bonne volonté, de partis, d’Etats pas seulement de gauche ou progressistes. Pour d’autres procès en Europe des pressions semblables ont permis de sauver la vie de militants (Burgos, Leningrad…). Pompidou intime l’ordre à Ahidjo de régler le problème Ouandié avant son arrivée à Yaoundé le 9 février 1971.
A l’instar de son mentor Charles de Gaulle qui décida l’assassinat du docteur Moumié, Pompidou pense que « le sang sèche vite », surtout celui des Africains… La suite est connue : Ernest Ouandié sera fusillé au terme d’un simulacre de procès le 15 janvier 1971, en compagnie de Tabeu Gabriel et Fotsing Raphaël.
2.2 D’autres pressions extérieures :
2.2.1 Le journal français « le monde », daté du 30 janvier 1971 rapporte : « Condamnant l’assimilation des procès de Yaoundé à ceux de Burgos et de Leningrad, le président de la République sénégalaise a défendu avec chaleur M. Ahidjo, président du Cameroun, « qui a sorti son pays de l’anarchie et de la rébellion ». Enfin, M. Senghor a proposé la réélection de M. Tombalbaye, président du Tchad, à la tête de l’OCAM. »
Le propos de Senghor n’est que la pensée amplifiée de tous les proconsuls africains de la France. Quand on songe qu’aucun dirigeant français d’envergure ne trouva le temps d’assister aux obsèques du chantre de la Négritude de surcroît membre de l’Académie française, il est permis de douter du respect dû par la France à ceux qui contribuèrent à mettre l’Afrique à genoux.
2.2.2 On doit également s’interroger sur l’attitude des dirigeants chinois d’alors qui après l’assassinat d’Ernest Ouandié offrirent au régime d’Ahidjo une aide financière importante.
2.3 Les pressions intérieures :
chefs d’un certain Islam rétrograde et une hiérarchie catholique conservatrice, la classe dirigeante illégitime « camerounaise » jubile. Enfin elle tient celui qu’elle considère comme le dernier chef historique de l’UPC, son pire ennemi. Le discours d’émancipation de l’UPC en faveur de l’Indépendance du pays, de son unification, de l’égalité des citoyens, du droit de vote des femmes, de l’élévation du standard de vie des Kamerunais heurte certaines féodalités archaïques. Elles réclameront sa mise à mort. Ahmadou Ahidjo déteste les bamilékés. Ou plutôt, hait les upécistes bamilékés.
Dans cette posture indigne, il dispose d’alliés infréquentables : le tortionnaire et sanguinaire Jean Fochivé, aux mains pleines du sang de patriotes ; Andzé Tchoungui, l’un des organisateurs kamerunais aujourd’hui disparu de la répression des upécistes dans l’Ouest. Il faut également mentionner des personnages sinistres comme Ekwabi Ewané Jean, député de l’union camerounaise, le parti unique fasciste d’Ahidjo, qui attise les haines dans le Mungo, à propos de terrains querellés entre des bamiléké et certaines populations locales. Dans une vision de courte perspective, Ahidjo offrira à certains bamiléké qui acceptent de trahir des upécistes des facilités économiques ou commerciales. Parallèlement, comme il l’a constamment fait dans le reste du pays, il fera exécuter nombre de ses adversaires politiques.
2.3.2 Bien qu’alliés contre l’UPC et les progressistes Kamerunais, une sourde lutte n’oppose pas moins hiérarques catholiques et musulmans. Ahmadou Ahidjo juge excessif le développement des établissements scolaires confessionnels, particulièrement catholiques. Par des mesures sournoises, il manifeste que l’Etat Kamerunais ne peut pas « indéfiniment » subventionner ces établissements. Son attitude traduit sa crainte de voir l’Islam reculer, d’autant que cette dernière religion couvre essentiellement les régions parmi les moins scolarisées du pays.
Dans ce conflit qui ne le concerne pas au premier chef, Ernest Ouandié bruyamment accusé de marxisme par une certaine presse occidentale aura-t-il fait les frais de l’alliance qu’à tort Ahidjo lui prête avec l’évêque de Nkongsamba ?
2.3.3 L’assassinat d’Ernest Ouandié c’est enfin « la revanche manquée d’un humilié » que la femme d’un haut commissaire français gifla en public. Sous une ébriété avancée notre homme venait de lui abandonner sur la robe un indélicat reflux d’origine gastrique. Humiliante vexation parmi de nombreuses autres qui, sans doute, attisèrent la féroce haine d’Ahmadou Ahidjo pour ses compatriotes farouchement combattus mais néanmoins respectés par « les blancs »… Pour mesurer à quel point l’homme qui longtemps terrorisa le Kamerun était entravé, il suffit de consulter l’extrait en annexe de l’annuaire officiel du Cameroun pour l’année 1969, pages 68-69 4.
Enfin, il semble que le réquisitoire contre Ernest Ouandié fut rédigé par un coopérant français.
3° Ernest Ouandié aujourd’hui
Dans son article « Citoyens libres ou esclaves » Ernest Ouandié écrivait le 20 mars 1962 : « Les chances de succès demeurent toujours grandes pour le peuple kamerunais ; mais aussi longtemps que nous ne saurons pas réaliser l’unité, nous ne saurons pas aussi tirer le maximum de profit des chances qui nous sont offertes. La gravité de la situation de même que l’amour que nous portons tous à notre pays à son peuple commandent que tous les enfants Kamerunais se donnent la main et serrent les rangs pour porter le coup décisif au régime néocolonialiste agonisant. » La mémoire de L’homme qui s’exprimait ainsi sera dans quelques jours, à l’occasion de l’anniversaire de son assassinat, sollicitée pour toutes sortes de procès, les uns légitimes contre le régime de Paul Biya, les autres pleins de mauvaise foi contre ceux qui le plus fidèlement poursuivent son combat.
Dans cette posture indigne, il dispose d’alliés infréquentables : le tortionnaire et sanguinaire Jean Fochivé, aux mains pleines du sang de patriotes ; Andzé Tchoungui, l’un des organisateurs kamerunais aujourd’hui disparu de la répression des upécistes dans l’Ouest. Il faut également mentionner des personnages sinistres comme Ekwabi Ewané Jean, député de l’union camerounaise, le parti unique fasciste d’Ahidjo, qui attise les haines dans le Mungo, à propos de terrains querellés entre des bamiléké et certaines populations locales. Dans une vision de courte perspective, Ahidjo offrira à certains bamiléké qui acceptent de trahir des upécistes des facilités économiques ou commerciales. Parallèlement, comme il l’a constamment fait dans le reste du pays, il fera exécuter nombre de ses adversaires politiques.
2.3.2 Bien qu’alliés contre l’UPC et les progressistes Kamerunais, une sourde lutte n’oppose pas moins hiérarques catholiques et musulmans. Ahmadou Ahidjo juge excessif le développement des établissements scolaires confessionnels, particulièrement catholiques. Par des mesures sournoises, il manifeste que l’Etat Kamerunais ne peut pas « indéfiniment » subventionner ces établissements. Son attitude traduit sa crainte de voir l’Islam reculer, d’autant que cette dernière religion couvre essentiellement les régions parmi les moins scolarisées du pays.
Dans ce conflit qui ne le concerne pas au premier chef, Ernest Ouandié bruyamment accusé de marxisme par une certaine presse occidentale aura-t-il fait les frais de l’alliance qu’à tort Ahidjo lui prête avec l’évêque de Nkongsamba ?
2.3.3 L’assassinat d’Ernest Ouandié c’est enfin « la revanche manquée d’un humilié » que la femme d’un haut commissaire français gifla en public. Sous une ébriété avancée notre homme venait de lui abandonner sur la robe un indélicat reflux d’origine gastrique. Humiliante vexation parmi de nombreuses autres qui, sans doute, attisèrent la féroce haine d’Ahmadou Ahidjo pour ses compatriotes farouchement combattus mais néanmoins respectés par « les blancs »… Pour mesurer à quel point l’homme qui longtemps terrorisa le Kamerun était entravé, il suffit de consulter l’extrait en annexe de l’annuaire officiel du Cameroun pour l’année 1969, pages 68-69 4.
Enfin, il semble que le réquisitoire contre Ernest Ouandié fut rédigé par un coopérant français.
3° Ernest Ouandié aujourd’hui
Dans son article « Citoyens libres ou esclaves » Ernest Ouandié écrivait le 20 mars 1962 : « Les chances de succès demeurent toujours grandes pour le peuple kamerunais ; mais aussi longtemps que nous ne saurons pas réaliser l’unité, nous ne saurons pas aussi tirer le maximum de profit des chances qui nous sont offertes. La gravité de la situation de même que l’amour que nous portons tous à notre pays à son peuple commandent que tous les enfants Kamerunais se donnent la main et serrent les rangs pour porter le coup décisif au régime néocolonialiste agonisant. » La mémoire de L’homme qui s’exprimait ainsi sera dans quelques jours, à l’occasion de l’anniversaire de son assassinat, sollicitée pour toutes sortes de procès, les uns légitimes contre le régime de Paul Biya, les autres pleins de mauvaise foi contre ceux qui le plus fidèlement poursuivent son combat.
Le pouvoir de Paul Biya fera silence, considérant que par sa loi n° 91/022 du 16 décembre 1991 il aura réhabilité Ernest Ouandié, proclamé Héros National par l’Assemblée Nationale du Cameroun le 27 juin 1991. Une réhabilitation du bout des lèvres, non suivie d’effet car, sauf erreur de notre part,aucune indemnité n’aura été versée à la famille du disparu. Aucun monument, pas une stèle ne rappellent son action. En revanche la mémoire de son assassin, Ahmadou Ahidjo, survit à travers diverses institutions. Dans ce contexte de confusion généralisée quel sens faut-il donner à la commémoration de l’assassinat d’Ernest Ouandié ?
La situation du Kamerun est catastrophique à tous égards. Sur le plan symbolique, les figures d’hier que le régime offrait en exemple sont déconstruites. Le modèle du fonctionnaire milliardaire, narguant le petit peuple s’est effondré avec des arrestations y compris de ministres, accusés de corruption. Des hommes d’affaires dont on célébrait volontiers le dynamisme se révèlent eux aussi piètres prévaricateurs de la fortune publique.
Paul Biya, après le meurtre politique de son « père » Ahmadou Ahidjo, et les non moins déchirants sacrifices de ses enfants parmi les plus proches, ne s’imagine pas d’autre destin que de s’accrocher jusqu’à la mort au pouvoir, pour s’éviter un sort encore plus cruel. Il sait, qu’au sein même de son pouvoir, et contre lui, se trament désormais les complots les plus terribles. ; Dans un climat de haine dangereux pour le Kamerun. La plupart des privilégiés, devant l’explosion des insécurités, ne rêvent que de renverser leur président. En attendant ils affectent de le magnifier pour ne pas démolir sans garantie le dernier et fragile rempart de leurs illicites profits.
Plusieurs éléments démontrent très clairement qu’au retour du pluralisme, les partis politiques reconnus par l’Administration ne remettent pas en cause la forme de l’Etat. Tout d’abord, ils n’en contestent pas les fondements et axent leur protestation sur des plans qualitatifs ou moraux. En cas d’accession au pouvoir à l’occasion d’élections qu’ils croient « gagnables » ils feraient mieux. C’est le temps de la promotion des concepts flous comme la bonne gouvernance. En second lieu, ils ne se battent pas ou très peu pour qu’une Administration partisane ne soit pas, en premier recours, l’arbitre de la démocratie. Précisément ils ne protestent pas lorsqu’une interdiction frappe l’un d’eux car ils y voient l’occasion d’une promotion personnelle.
Troisièmement, ils entretiennent des rapports d’une étonnante proximité avec le pouvoir, ce qui ouvre la voie à des corruptions personnelles. On assiste alors à des va-et-vient d’hommes politiques prétendus de l’opposition qui du jour au lendemain se retrouvent ministres. Enfin dans un débat récent sur la modification constitutionnelle on a entendu des opposants affirmer qu’il ne fallait pas « toucher à notre constitution ». Comme si jamais le peuple kamerunais fût appelé à s’exprimer sur le texte fondamental.